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Dans l'esprit de
Norman Bethune
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Deux chirurgiens, Jean
Couture et Liu Guojin, s'allient pour combattre le cancer
devenu épidémique dans le nord-est de la Chine - Une Chine
qui s'est ouverte aux habitudes dont nous voulons nous
débarrasser, comme l'emploi de certains pesticides tel le DDT
et l'usage du tabac. Ils créent ensemble un programme de
soins multidisciplinaires au First Teaching Hospital à
Changchun, ville de plus de 6 millions d'habitants.
Dans les autres
pavillons du même hôpital, les soins sont dispensés selon la
médecine traditionnelle chinoise, qui vise à rétablir
l'équilibre du corps et de l'esprit. Si cette médecine, dont
s'inspirent nos médecines alternatives, manque d'efficience
contre certaines maladies, ne pourrait-on lui trouver sa
juste place dans la chronologie de nos moyens de prévenir, de
soulager et de guérir?
Question d'autant plus
actuelle, puisqu'elle touche la réforme de nos systèmes de
santé et qu'elle évoque l'idée que l'argent n'est pas la
seule solution.
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Réalisateur Edgar Soldevilla,
Canada, 2002, 52 minutes, Vidéo
Edgar Soldevilla est né au Pérou.
Après ses études en cinéma et en
télévision à l'Université de Lima,
il exerce son métier dans plusieurs
pays de l’Amérique latine et au
Canada. Dès les années 80, il sera
entre autres réalisateur et
producteur exécutif de divers
documentaires au Panama. Au cours
des années 90, il scénarise et
réalise plusieurs films dont Le
matin des alpaqueros au Pérou
(1995). Il scénarise également le
documentaire Une brève histoire de
la coopération internationale
canadienne (1997). Son film
précédent, Doigts de fée (1999),
traite du travail des enfants au
Pakistan. En 2002, il signe la
réalisation et la scénarisation du
film Dans l’esprit de Norman Bethune,
documentaire qui pose une réflexion
sur la complémentarité entre la
médecine traditionnelle et la
médecine moderne en Chine.
Actuellement, cet artisan de l'image
développe divers projets de
documentaires dont Les oiseaux aux
plumes de cristal, qui fait le point
sur la création de la ZLEA (zone de
libre échange des Amérique) en 2005
et, Nuremberg tropical, une
oeuvre qui traite du rôle de la
justice au Rwanda.
Source :
Maryse Dumont, CINÉMA LIBRE
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Équipe technique :
Recherche, scénarisation, réalisation : EDGAR SOLDEVILLA
Avec la participation : Dr JEAN COUTURE et Dr LIU GUOJIN
Images : ALBERTO FEIO Montage : PATRICIA TASSINARI
Montage en ligne : MICHEL GIROUX Direction des
enregistrements : DAGMAR TEUFEL Prise de son : LOUIS
DESPAROIS (Chine), JEAN-DENIS DAOUST (Canada)
Enregistrement, montage sonore et mixage : BRUNO BÉLANGER
Narration : GUY PARENT Voix : ANNE-MARIE PROVENCHER,
CLAUDE PRÉFONTAINE Entrevues : RHÉAL DESY (Chine),
CATHERINE KOVACS (Canada) Consultant : YVES GINGRAS
Producteur : RENÉ GUEISSAZ, MARC DAIGLE Production :
CORPORATION DE DÉVELOPPEMENT ET DE PRODUCTION ACPAV INC.
Directeur des acquisitions et des coproductions : JEAN
ALLARD Traduction : ERNEST LEONG, CHEN ZONGBAO, DOMINIQUE
VENNE, FLEURETTE LAGACÉ Archives
visuelles : UNIVERSITÉ DE JILIN, CHAMBRE DES COMMUNES du
Canada, DR JEAN COUTURE, BETHUNE MEMORIAL HALL,
SHIJIAZHUANG, CHINE Musique : WU SUHUA (Dans la plaine) :
Caoyuan Shang, LI TINGSONG (La grande embuscade) : Shimian
Maifu -tirés de Impressions de Chine, musique
traditionnelle, courtoisie de Naïve-Auvidis; Autre musique
traditionnelle chinoise.
Source : CINÉMA LIBRE
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L'œuvre du chirurgien
québécois Jean Couture inspire un documentaire sur la
rencontre des médecines occidentale et chinoise
Sous la plume de Jean Haman, le magazine
de l'université Laval présente l'histoire de cet homme qui
vient d'inspirer un documentaire.
C'est après avoir pris sa retraite que le
médecin québécois Jean Couture découvre une nouvelle passion:
la coopération internationale. Il ouvre un programme de lutte
contre le cancer en Chine avec la création de l'Unité
d'oncologie Bethune-Laval. Un film présente l'approche
préconisée, favorisant la rencontre de deux cultures
médicales.
Lorsque Jean Couture s'est rendu dans ce
pays pour la première fois au début des années 1990, il a été
sidéré par ce qu'il y a découvert. " Dans environ 70 % des
cas, les gens se présentaient à l'hôpital avec un cancer
tellement avancé qu'on ne pouvait plus rien pour eux. Je
revivais là-bas les mêmes frustrations que j'avais connues
ici quand j'ai commencé à pratiquer la médecine en 1954. Il
fallait aider les Chinois à combler rapidement ce retard d'un
demi-siècle".
Diplômé de la Faculté de médecine en 1949,
professeur depuis 1954, directeur du Département de chirurgie
de 1981 à 1989 et professeur émérite toujours actif, Jean
Couture n'est pas tombé dans la coopération internationale
quand il était petit. Il lui a fallu attendre l'heure de la
retraite pour découvrir cette passion qu'il qualifie de " la
chose la plus extraordinaire qui soit arrivée dans ma
carrière ". En 1987, deux chercheurs chinois en séjour à
Québec lui suggèrent de créer un programme de stages entre
l'Université Laval et un hôpital de Changchun affilié à
l'Université Norman Bethune, dans la province du Jilin. Petit
à petit, l'idée fait son chemin. En 1990, Jean Couture
convainc l'ACDI d'investir 500 000 $ dans la création, à
Changchun, d'une unité d'oncologie semblable à celle de
l'hôpital du Saint-Sacrement.

Hôpital Norman Bethune à
Changchun (Photo de Michel
Boulianne)
La première phase de ce projet consistait
à former du personnel capable d'utiliser les connaissances de
la médecine moderne pour soigner les cancéreux. Le chirurgien
persuade alors une vingtaine de personnes de l'hôpital du
Saint-Sacrement, de l'Hôtel-Dieu de Québec et de l'hôpital
Laval, dont plusieurs professeurs de la Faculté de médecine,
de participer à la formation de stagiaires. Au cours des
années qui suivent, ils accueillent et forment 45 médecins,
infirmières et épidémiologistes chinois qui retournent
ensuite pratiquer à l'Unité d'oncologie Bethune-Laval de
Changchun. L'appellation de cette unité associe le nom de
l'Université à celui du grand médecin canadien Norman Bethune,
qui s'est rendu en Chine pendant la révolution pour soigner
des blessés et former des médecins.
Par la suite, Jean Couture supervise la
mise sur pied d'un programme de soins palliatifs, comprenant
une " salle de sollicitude affectueuse ", qui permet aux
patients de " vivre avec dignité les derniers jours de leur
vie et de quitter ce monde dans une ambiance sereine ". Puis,
en collaboration avec la Société canadienne du cancer,
l'Unité a lancé une campagne de prévention contre le cancer
qui met en vedette Mark Rowswell, un humoriste canadien qui
fait un tabac en Chine. En dix ans, l'Unité d'oncologie
Bethune-Laval a traité des milliers de Chinois atteints de
cancer. Pour le bien des malades, la médecine occidentale a
ainsi mis le pied dans un hôpital où prévaut la médecine
traditionnelle chinoise. Le cinéaste Edgar Soldevilla est
allé voir comment les médecines occidentale et chinoise
cohabitent dans ce corps étranger qui se développe au sein
d'un organisme chinois. Dans son documentaire de 52 minutes,
intitulé Dans l'esprit de Norman Bethune, le cinéaste aborde
la question de la déshumanisation des soins dans la médecine
occidentale et du risque d'évacuer la spécificité de la
médecine chinoise - les soins de l'âme - du traitement des
malades.
Par le biais des témoignages de Jean
Couture, de son collègue chinois Liu Guoqin, d'anthropologues
médicaux - dont Serge Genest, de l'Université Laval -, de
patients et du personnel de l'Unité oncologique, Edgar
Soldevilla montre comment l'approche préconisée à l'Unité
d'oncologie Bethune-Laval favorise une rencontre féconde des
deux cultures médicales. Dans les dernières secondes du
documentaire, Jean Couture compare le modèle développé à
l'Unité d'oncologie Bethune-Laval à " une goutte d'eau qui
pourrait faire boule de neige ". Le modèle a déjà été repris
dans deux autres villes chinoises et il est question de
l'exporter vers d'autres régions de ce pays.
Source: La Chine au présent
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Le 30 septembre 1995, le Docteur Jean Couture de
la Faculté de médecine était invité à dîner par le
vice-premier ministre de la Chine, Zou Jiahua, au «Hall of
People» de Beijing pour recevoir le prix de l'Amitié, la plus
haute distinction remise à des experts en coopération
internationale par le gouvernement chinois.
La carrière universitaire du docteur Jean
Couture et la grande réputation de la Faculté de médecine de
l'Université Laval sont intimement liées. Diplômé de cette
faculté en 1949, il y revient à titre de professeur en 1954,
après des études spécialisées en chirurgie au New Rochelle
Hospital and New York University. Pendant plus de 40 ans, il
y fera montre d'un engagement profond, tant à titre de
professeur du Département de chirurgie, de vice-doyen de la
Faculté, de 1974 à 1979, et de directeur de ce même
département, de 1981 à 1989, que par sa contribution à
l'élaboration des programmes de spécialités médicales de
cette faculté. En tant que chef du Service de chirurgie de
l'hôpital du Saint-Sacrement, puis responsable de l'unité
d'oncologie, il apportera à cet hôpital une contribution
telle qu'en 1991, on y baptisait de son nom la bibliothèque
Delage-Couture.
La carrière extra-universitaire du
docteur Couture n'est pas en reste. Non seulement a-t-il joué
un rôle important au sein du Collège royal des médecins et
chirurgiens du Canada, dont il assume la présidence de 1984 à
1986, mais il préside aussi, entre 1958 et 1982, aux
destinées de plusieurs autres associations du domaine de la
chirurgie: Conseil canadien d'agrément des établissements de
santé, Association canadienne des chirurgiens cliniciens,
Association canadienne des chirurgiens généraux. Cette
contribution au mieux-être de sa profession est d'ailleurs à
l'origine des nombreux honneurs qu'on lui a accordés au cours
de sa carrière. Fellow honoraire du Collège de chirurgie
d'Afrique du Sud, du Collège australien de chirurgie et du
Collège royal de chirurgie d'Angleterre, il reçoit aussi le
titre d'Officier de l'Ordre du Canada en 1995 et celui de
Grand Québécois, en 1998.
En matière de coopération
internationale, l'apport du docteur Couture au rayonnement et
à la renommée de notre université s'avère inestimable. Au
cours de la dernière décennie, il a veillé à la mise sur pied
d'une unité d'oncologie, la Bethune-Laval Oncology Unit, dans
un hôpital de Changchun, affilié à l'Université Norman
Bethune. En prolongeant ainsi l'œuvre du grand médecin
canadien en Chine, il a su mettre en pratique un thème qui
lui est cher: la coopération humanitaire entre les peuples.
Une fin de carrière on ne peut plus noble, qui lui vaut, en
1995, le prix de l'Amitié, la plus haute distinction remise à
des experts en coopération internationale par le gouvernement
chinois.
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