Dr Norman Bethune
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Source
Norman Bethune, 1928
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Source
Norman Bethune (1890-1939), de Francine
Auger |
Le Canadien
Norman Bethune est surtout connu pour son travail en
République populaire de Chine, où il est considéré comme un
héros, et pour son influence sur les relations
sino-canadiennes. Il a également acquis une solide
réputation au Canada en tant que chirurgien de talent,
inventeur, activiste politique et précurseur du système de
soins de santé universel.
Norman Bethune
naît en 1890 à Gravenhurst, au nord de Toronto, en Ontario.
Son père est membre du clergé, mais Norman choisit de suivre
les traces de son grand-père et de devenir chirurgien. Il
étudie à la faculté de médecine de l'Université de Toronto,
mais il interrompt ses études en 1911 afin d'enseigner
pendant un an au Collège Frontière dans le cadre du
Programme ouvriers-enseignants.
C’est néanmoins à Montréal que Bethune a passé les années
les plus productives de sa vie, soit de 1928 à 1938, année
de son départ pour la Chine. (Voir:
Hommage à
Norman Bethune )
Le service en temps de guerre
Lors du
déclenchement de la Première Guerre mondiale, Norman se
joint au 2e corps d'ambulance médicale et part en
bateau pour la France en février 1915. Il travaille comme
brancardier à Ypres, en Belgique, jusqu'à ce qu'un obus
explose près de lui et que des éclats le blessent à la
jambe. Il est alors envoyé par bateau en Angleterre où il
passe trois mois à l'hôpital.
De retour au
Canada, Norman termine ses études en médecine et obtient son
baccalauréat en médecine en décembre 1916. Un de ses
collègues est Frederick Banting, qui deviendra plus tard
très célèbre en tant que codécouvreur de l'insuline.
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Peinture représentant
Dr Norman Bethune effectuant
une transfusion sanguine
Alors que la
guerre fait toujours rage, Norman sent que son devoir
l'appelle outre-mer. Il s'enrôle donc dans la Marine royale
en tant que lieutenant-chirurgien. À la fin de la guerre, il
accepte un poste d'interne pendant six mois au prestigieux
« Hospital for Sick Children » (hôpital pour enfants
malades) de Londres, en Angleterre.
De retour au
Canada, Norman établit sa pratique privée à Stratford et à
Ingersoll en Ontario. Mais, cet homme qui ne tient pas en
place décide de partir pour l'Angleterre afin de poursuivre
sa formation en tant que chirurgien à l'Université
d'Édimbourg. Le 3 février 1922, il devient membre du « Royal
College of Surgeons » (collège royal des médecins).
Problèmes personnels
Alors qu'il se
trouve en Écosse, Norman Bethune épouse une fille du pays,
Frances Campbell Penney. Ils partent ensuite s'établir à
Détroit, au Michigan, où il ouvre un autre cabinet privé
sans savoir qu'il va être confronté à plusieurs problèmes
personnels. En 1926, il contracte la tuberculose pulmonaire
(phtisie). Vers la même époque, son mariage échoue,
principalement à cause de ses dépenses excessives et de son
mode de vie extravagant.
Le point culminant
Son séjour au
sanatorium de New York est un point culminant. Premièrement,
c'est à ce moment-là qu'il se rend compte des lacunes de la
médecine dans le traitement de nombreuses victimes de la
tuberculose. En septembre 1928, il retourne à l'Hôpital
Royal Victoria à Montréal et y travaille pendant huit ans,
se consacrant aux personnes qui souffrent de la tuberculose
et étudie la chirurgie thoracique.
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Instrument inventé par Norman Bethune servant à
lever et écarter les omoplates, vers 1966
C'est une
époque des plus prolifiques pour Norman Bethune, au cours de
laquelle il invente ou modifie 12 instruments chirurgicaux,
dont certains sont encore utilisés aujourd'hui. Il rédige
aussi un grand nombre de travaux sur ses innovations en
matière de chirurgie thoracique. Ces ouvrages sont des
documents de référence essentiels aux chirurgiens.
Mais, peu à
peu, Norman Bethune se désintéresse du traitement
chirurgical et est de plus en plus concerné par les aspects
socioéconomiques de la maladie. Il remet continuellement sa
profession en cause et propose des réformes des soins de
santé, dont une médecine socialisée. Afin de servir
d'exemple, il établit une clinique gratuite où il soigne des
femmes, des enfants et des chômeurs.
Les premiers contacts avec le communisme
En 1935,
Norman assiste à une conférence en Union soviétique et
revient à Montréal très impressionné par son système de
santé. Toujours convaincu des avantages d'une médecine
socialisée, il participe à la mise sur pied du Montreal
Group for the Security of the People's Health, un organisme
consacré à l'établissement d'un système de médecine
socialisée au Canada. Les recommandations formulées par le
groupe sont reçues dans la plus grande indifférence, et
Norman Bethune est très amer et déçu.
Source
Dr Norman Bethune au côté d'une camionnette équipée
pour les transfusions sanguines durant la guerre
civile d'Espagne
En route vers l'Espagne
Norman Bethune
se joint officiellement au Parti communiste au cours de
l'hiver 1935. Il sent que son idéologie s'accorde
parfaitement à celle du Parti : faire de ce monde un monde
meilleur. Lorsqu'il comprend qu'il ne peut pas atteindre ses
objectifs au Canada, il quitte le pays pour l'Espagne qui
est, en 1936, au bord de la guerre civile.
Une occasion de faire bouger les choses
Norman Bethune
est un homme d'action et c'est pour lui l'occasion d'agir. À
peine arrivé en Espagne, il va directement au front et se
lance dans l'action. Son expérience de brancardier pendant
la Première Guerre mondiale lui avait bien appris
l'importance d'aider les blessés le plus vite possible. Il
met ainsi sur pied une banque de sang près du front et
organise un service mobile de transfusion sanguine, le
premier du genre. Au printemps de l'année suivante, Norman
et sa petite équipe médicale font déjà jusqu'à 100
transfusions sanguines par jour.
Norman Bethune
revient au Canada en 1937 et est accueilli en héros.
Toujours aussi engagé dans la guerre en Espagne, il parcourt
le pays, tentant d'amasser des fonds pour la cause
antifasciste. Cependant, les gens sont peu intéressés à
cette guerre lointaine. Norman est encore plus amèrement
déçu.
Source
Dr Norman Bethune, assisté par Henning Sorensen,
procédant à une transfusion sanguine durant la
guerre civile espagnole
Une nouvelle cause à soutenir
Encore une
fois, Norman Bethune devient anxieux de repartir faire sa
part alors qu'une autre guerre éclate en Orient. En 1937,
les Japonais envahissent la Chine, le président chinois Mao
Zedong et ses soldats communistes tentent de résister à
l'envahisseur japonais. Norman y voit une autre bataille
contre le fascisme et tient absolument à les aider.
Il réunit une
équipe médicale et, le 8 janvier 1938, l'Unité médicale
mobile canado-américaine quitte le Canada pour rejoindre la
8e armée de campagne dans la région frontalière
de Shanxi-Hobei en Chine. Une fois rendu en Chine, Norman
Bethune adopte la cause et les gens de ce pays comme s'il y
était né. Il travaille de longues journées dans des
conditions plus que rudimentaires et devient rapidement
reconnu comme un chirurgien talentueux et un enseignant
dévoué.
En octobre
1939, alors que les Japonais lancent une autre attaque,
Norman Bethune et son équipe se précipitent au front où s'y
déroulent les pires batailles et y travaillent de longues
heures auprès des blessés. C'est pendant qu'il opère un
soldat que Norman se coupe le doigt. Étant déjà affaibli, il
contracte une septicémie (empoisonnement du sang) et meurt
de ses blessures le 12 novembre 1939.
Une nation en deuil
La mort de
Norman Bethune touche tous les Chinois. Le président chinois
Mao Zedong rédige un hommage intitulé « En mémoire de Norman
Bethune » dans lequel il lui rend hommage pour son don de
soi et son dévouement au peuple chinois.
En 1952, les
restes de Norman Bethune sont transférés dans un parc à la
mémoire des personnes mortes durant la guerre. Devant sa
tombe et sa statue de l'autre côté de la rue se dresse
l'hommage le plus approprié à ce grand homme : l'Hôpital
international de la paix Norman Bethune.
Le Canada
marque également la mort de Norman Bethune en faisant de sa
ville natale, Gravenhurst en Ontario, un lieu historique
national et en y dévoilant une statue de bronze à son
effigie au centre-ville.
Source:
Bibliothèque et
Archives Canada