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Norman
Bethune, héros national en Chine pour avoir combattu aux
côtés de Mao Tsé-toung contre l’invasion japonaise et créé
des blocs opératoires mobiles sur le front, est aussi un
grand Montréalais. Né en 1890 à Gravenhurst en Ontario et
décédé en 1939 en Chine, c’est néanmoins à Montréal que
Bethune a passé les années les plus productives de sa vie,
soit de 1928 à 1938, année de son départ pour la Chine.
En effet, après avoir combattu et vaincu la tuberculose,
il s’installe à Montréal en avril 1928 et se consacre à
combattre les maladies pulmonaires. Il travaille pendant plus
de quatre ans comme premier adjoint du docteur Edward
Archibald à la clinique médico-chirurgicale pulmonaire de
l’hôpital Royal Victoria. Puis, en novembre 1932, il devient
le chef du service de chirurgie pulmonaire de l’hôpital du
Sacré-Cœur de Cartierville. Il
acquiert alors une solide réputation dans les cercles
médicaux à titre de chirurgien spécialiste des maladies du
thorax aux méthodes non traditionnelles et comme inventeur de
nouveaux instruments chirurgicaux
dont certains devinrent d’usage courant dans les blocs
opératoires en Amérique pendant plusieurs années.

Le docteur Bethune vivait au cœur du centre-ville de
Montréal et entretenait de nombreuses relations dans les
différents milieux, notamment dans le milieu artistique.
Bethune considérait l’art comme l’une des plus hautes
aspirations humaines. Il adorait fréquenter les artistes et
se voyait un peu comme un des leurs. Il aimait peindre, il
adorait l’écriture et la poésie. À
la fois individualiste et humaniste, Bethune était obsédé par
les causes socioéconomiques de la maladie. Cette obsession et
son rapprochement avec les idées politiques de gauche
l’amenèrent, avec un groupe d’amis et de confrères, à publier
en juillet 1936 le Manifeste du groupe montréalais pour la
protection de la santé publique, véritable réquisitoire en
vue de la création d’un système public de santé. L’essentiel
des idées émises dans ce manifeste ont été reprises,
plusieurs années plus tard, par les gouvernements provinciaux
et le gouvernement fédéral lequel adopta en 1966, la
loi sur l’accès gratuit et universel à tous les services
médicaux, véritable fondement du système canadien de santé
tel que nous le connaissons aujourd’hui.
C’est
également à Montréal, par l’influence grandissante de son
groupe d’amis, que Bethune s’intéressa au communisme. Il y
voyait un mode de gouvernance politique et économique qui
prenait parti pour les plus petits et les plus démunis, qui
proposait une société plus juste et qui transcendait les
nations. C’est ainsi qu’il devint un internationaliste. Il
croyait à l’alliance des hommes et des femmes contre le
fascisme et les injustices de toutes sortes. Ce sont ses
croyances et son goût pour l’aventure et le dépassement qui
l’amenèrent à s’engager tour à tour en Espagne pour défendre
la république contre le fascisme et en Chine
pour lutter contre l’invasion japonaise.
Médecin, artiste et infatigable aventurier, Norman Bethune
aura marqué son époque par son esprit inventif, sa lutte
indéfectible contre la maladie et son engagement solidaire
envers les plus démunis. Montréal aura été pendant une
dizaine d’années la scène principale de la vie mouvementée de
cet être d’exception.
Source : ville.montreal.qc.ca
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